Who watches the watchmen?

Publié le par Scarlett

Qui surveille les gardiens?
Très attendu par les bédéphiles et amateurs du comic du même nom, le film de Zack Snyder a fait sensation dès sa sortie. Au casting : Jackie Earle Haley (Rorscharch), Jeffrey Dean Morgan (Le Comédien), Malin Akerman (le Spectre soyeux), Matthew Goode (Ozymandias), Billy Crudup (Dr Manhattan) et  Patrick Wilson (le Hibou) dont la présence a été particulièrement perturbante tant je l'associe au photographe de l'excellent Hard Candy de David Slade.
Watchmen
est une uchronie dans laquelle Richard Nixon est toujours président des Etats-Unis en 1985. La Guerre Froide en est à son paroxysme : l'horloge de l'Apocalypse, symbole de la menace imminente de la destruction de l'Humanité par une attaque nucléaire, est réglée sur minuit moins cinq. Les justiciers masqués sont désormais hors-la-loi et la plupart d'entre eux ont cessé leurs activités ou travaillent pour le compte du gouvernement, à l'exception de Rorscharch qui refuse d'abandonner sa mission. C'est lui qui, suite à la mort suspecte du Comédien, se met à la poursuite de celui qui semble en vouloir à l'équipe de gardiens qu'ils formaient jadis.
J'en avais copieusement entendu parler, autant par les lecteurs du comic que par le biais du marketing viral. Etant cependant complètement ignorante en histoires de super-héros, j'avais du mal à imaginer ces justiciers comme ils sont présentés : faibles, hypocrites, à des lieues de l'image proprette d'un Superman épris de justice ou du ténébreux Batman qui sacrifie son image pour la société. Tout d'abord, la plupart d'entre eux n'ont aucun pouvoir particulier, ils n'ont que des capes et des muscles. Et en-dessous, des doutes, des complexes, et surtout de la colère. De la profondeur humaine, dira-t-on. Bien plus que ça, ils sont carrément névrosés (le Hibou en fournit un bel exemple au début du film), pour le plus grand plaisir du spectateur. Les amateurs de beaux combats en auront pour leur argent, les autres trouveront bien quelque chose à se mettre sous la dent, entre bande son décalée, contemplation des méandres du visage de Rorscharch ou des hommes bleus tout nus. Sans être fantastique, le scénario est correct. Je regrette de n'avoir pas pu faire la connaissance de justiciers qu'on ne fait qu'entrevoir comme la Silhouette ou le Juge Masqué. C'est un film réussi pour un pari paraît-il risqué. Il n'est pas génial en lui-même mais cette vision du rôle de justicier suffit à le rendre intéressant.
Une petite vidéo pour la route : La loi Keene et vous, qui faisait partie de la campagne de marketing viral et non du film mais que je trouve amusante.

Publié dans Cinéma

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