Le thriller de Marina de Van, présenté en sélection officielle au festival de Cannes, a fait parler de
lui.
Jeanne (Sophie Marceau) écrit un roman sur l'enfance en espérant que ça l'aide à retrouver la sienne dont elle n'a aucun souvenir. Lorsque son éditeur refuse de le publier, elle désespère. Pour
lui faire plaisir, son mari (Andrea Di Stefano) prépare un repas en famille, mais elle ne comprend pas pourquoi les meubles ont changé de place, ni pourquoi tout le monde semble faire des
gestes étranges, mécaniques, et encore moins pourquoi sur la vidéo de la soirée elle a le visage d'une autre femme (Monica Bellucci). Quand elle fait remarquer que les choses changent, son
entourage s'étonne : elle a toujours été brune, et la table est à cette place depuis des années...
Le ton est oppressant, paranoïaque : soit Jeanne devient folle, soit elle est manipulée par tout le monde autour d'elle. Dans tous les cas ce n'est guère rassurant. Perdue au début entre ses
souvenirs et ce qu'elle voit, elle ne tarde pas à sombrer dans l'angoisse de se perdre elle-même. Physiquement, Jeanne change progressivement de visage et la transition est étonnante de vérité,
donnant naissance à une chimère où l'on reconnaît les traits des deux actrices.
Entre souvenirs et révélations, la fin est lourde d'explications et on se surprend à être déçu par la conclusion, tellement moins intéressante que le début menaçant.
Trois choses qui m'ont fait sourire récemment : - Aller au cinéma en Angleterre et tout comprendre. - Me rendre compte que quelle que soit la langue, ce sont toujours les pires jurons qu'on apprend en premier. - Le petit rigolo qui a essayé de me faire croire qu'il ira voir Jennifer's body "parce que l'histoire est intéressante".