Françoise Sagan

Publié le par Scarlett

J'ai découvert Françoise Sagan par hasard, parce que ma mère avait emmené La chamade en vacances, un titre parmi une petite dizaine d'autres. Ce choix lui-même était presque dû au hasard lui aussi : ma mère a toujours eu un vague dégoût pour cet auteur, en tout cas elle ne lui portait pas grand intérêt, et elle l'avait probablement emporté simplement parce qu'il lui était tombé sous la main, donné par un ami ou abandonné quelque part.
La couverture était dans les tons jaunes, avec une photo du film avec Catherine Deneuve. Par la suite, au fur et à mesure que j'avançais dans la lecture, je me mis à détester cette photo parce qu'elle emprisonnait l'idée que je me faisais des personnages dans l'apparence de l'actrice.
Peu importe l'histoire de La chamade, que j'estimais alors relativement improbable, quoique j'aie changé d'avis depuis, c'est l'écriture qui m'apparut sublime. Elle avait justement cette couleur chaude, ocre, comme la couverture, qui m'accablait comme un soleil en été. Elle était puissante et sensuelle, blessante aussi quelquefois. Je refermai le livre presque vexée qu'il se termine si vite.

Je lus, bien plus tard, le trouvant dans la bibliothèque de ma grand-mère, Le lit défait (je restai sur l'idée que le titre était Les lits défaits) qui me laissa sur ma faim, comme si le livre estimait que je n'étais pas digne de recevoir ses richesses, qu'il fallait que j'espace mes lectures de Françoise Sagan pour retrouver intact le flamboiement de sa plume. Pareil pour Les faux-fuyants que je lus le même été. J'en avais vu l'adaptation en téléfilm, ça ne m'avait pas laissé une impression impérissable.

Par hasard je retombai en octobre dernier sur une bourse aux livres où je me procurai Bonjour Tristesse, son premier roman qui avait fait scandale l'année de ses 18ans. Je dévorai le livre, me plongeant avec délice dans l'atmosphère dorée d'un été dans une crique isolée sur la côte d'Azur. J'achetai, sans nul hasard, Aimez-vous Brahms... et m'émerveillai une fois de plus face à la douce et impérieuse apathie qui semble envahir les personnages.

L'univers de Françoise Sagan m'est étranger, fait de soirées mondaines, de femmes entretenues et d'hommes frivoles, de champagne et de jeu, de jeunes bécasses et de femmes lasses d'être trop sages. Pourtant en lisant je me prends à trouver des ressemblances entre moi et ces personnages, à vouloir même leur ressembler, moi qui d'ordinaire les plains ou les méprise.

Publié dans Tout et rien

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