J'attends quelqu'un

Publié le par Scarlett

J'attends quelqu'un de Jérôme Bonnell est un de ces films qu'on fait de plus en plus, pour mon plus grand plaisir : les films-chorale, qui montrent des tranches de vie d'une galerie de personnages complexes sans qu'il y ait de prédominance d'un acteur par rapport à un autre.
Louis est un patron de café plutôt secret quoique pas solitaire. Il retrouve Sabine dans un hôtel plusieurs fois par semaine et la paie pour ça. Il sait bien qu'il n'est pas son seul client. Agnès, la soeur de Louis, est une  institutrice fantaisiste. Son mariage avec Jean-Philippe est heureux, quoique parfois monotone. Jean-Philippe est désemparé par l'arrivée d'un  chien énorme dans sa vie, tandis que Stéphane, de retour dans sa ville d'origine après deux ans d'absence, regarde vivre de loin la femme qu'il a aimée.
Il est rare que je sois aussi ravie en sortant d'une salle de cinéma. Les personnages ont une épaisseur psychologique et sont loin des clichés que l'on pourrait attendre. Sabine n'est pas une prostituée qui s'offre au premier venu sous trois couches de fard. Agnès ne pense pas qu'à son métier et trouve décidément que son mari dort trop. Stéphane, entre lâcheté et timidité, ne vit pas. Aucun n'est parfait. Aucun n'est ignoble.
Le tout donne une comédie parfois amère, souvent pétillante et rarement prévisible, qui a le goût de la vie et de ses absurdités. On remarque çà et là quelques trésors incongrus : l'homme qui mange des bananes,
la femme aux chiens blancs ou celle qui déjeune aux carottes crues.

Publié dans Cinéma

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