Princess Jellyfish

Publié le par Scarlett

princess_jellyfish_1.jpgScénario et dessin : Akiko Higashimura
Editeur : Delcourt
Tomes : 4 sortis / 9 prévus

Tsukimi est une jeune fille de 19ans qui est partie s'installer à Tokyo pour devenir illustratrice. Elle vit dans une résidence où n'habitent que des otaku  (personne passionnée par quelque chose, à la limite de l'obsession) voire des fujoshi (originellement amatrice de yaoi , par extension fille qui n'a pas d'avenir romantique, qui va finir vieille fille) qui se surnomment elles-mêmes les Amars (les nonnes). Elle-même est passionnée de méduses, sait tout sur elles, a recouvert les murs de sa chambre de posters de méduses et rend régulièrement visite aux méduses des aquariums du coin.

Quand elle était petite, sa mère lui expliquait que toutes les petites filles en grandissant devenaient des princesses (de belles jeunes filles). Tsukimi se demande ce qui n'a pas marché, car elle n'a rien d'une princesse : elle ne sait pas comment s'habiller, ne se maquille pas, ne pense qu'aux méduses et pas au shopping ou aux garçons, et est incapable de parler aux filles coquettes et pleines d'assurance, et encore moins aux garçons.

Un soir, Tsukimi voit dans une vitrine deux méduses dans le même aquarium. Or, les sécrétions de l'une finiront par tuer l'autre si elles rentent dans le même aquarium. Tsukimi est pétrifiée, car c'est un jeune homme tendance beau gosse qui tient la boutique, et elle ne peut pas aller lui parler! Elle est sauvée par l'apparition d'une "princesse", une jeune fille à la mode qui finit par comprendre son problème et achète la méduse agonisante (Clara) pour Tsukimi. Elle squatte aussi sa chambre pour la nuit (Tsukimi panique, il est interdit d'amener des visiteurs, pour le bien-être mental et social des résidentes) et Tsukimi découvre au petit matin que c'est un jeune homme qui aime s'habiller en femme. Tsukimi panique encore plus.

 

jellyfish2

 Les personnages
jellyfish-personnages.jpgChieko est passionnée de poupées traditionnelles japonaises. Elle en a des tas dans sa chambre, auxquelles elle donne des noms et pour qui elle coud de petits kimonos sur mesure. Sa mère est la propriétaire de la résidence.
Bamba est passionnée de trains. Elle les reconnaît au bruit et connaît les horaires des trains de Tokyo par coeur.
Mayaya se passionne pour les  Trois Royaumes, une période historique en Chine. Elle possède de nombreuses figurines de personnages historiques et fait souvent des métaphores guerrières.
Jiji fantasme sur les hommes d'âge (très) mûr. Elle découpe leurs photos dans les journaux pour les conserver.
Mejiro sensei est une mangaka auteur de yaoi. Elle travaille beaucoup, vit la nuit et ne sort pas de sa chambre, du coup on ne la voit jamais. Les filles lui laissent des messages sous sa porte pour communiquer. Son avis est tenu en très haute estime car, contrairement aux autres, elle a un travail et des revenus.
Kuranosuke est un jeune homme androgyne qui s'habille en femme pour que sa famille, importante dans le milieu politique, ne lui demande pas de s'impliquer. Accessoirement, il est aussi très riche.
Shû est le frère de Kuranosuke. Il porte sur ses épaules les espoirs de sa famille et pas mal de responsabilités.

jellyfish-amars.jpgJ'ai découvert Princess Jellyfish d'abord en animé avant de jeter un oeil au manga. C'est un josei (et non pas un  shōjo ) très drôle et plein de tendresse. Le dessin est plutôt joli.

Princess Jellyfish ra conte de façon touchante la vie de Tsukimi et de ses amies otaku, leur incompréhension et leur malaise face à un monde dont elles ne maîtrisent pas les codes, leur amour véritable pour l'objet de leur passion, et l'injustice de devoir se plier aux convenances pour pouvoir être acceptées.
Bien sûr, les Amars ont leur lot de préjugés également. La patience et l'ouverture d'esprit de Kuranosuke va leur permettre de prendre peu à peu confiance en elles, de voir les gens autrement que comme des menaces. Il observe quant à lui ces jeunes filles comme il observerait une espèce inconnue et apprend à se faire accepter.

La méduse Clara fait des apartés réguliers pour expliquer le comportement et les réactions des otakus, ou pourquoi Kuranosuke (le jeune homme) a fait une bourde en proposant de prêter son maquillage par exemple. Tsukimi s'invente parfois des délires assez ahurissants (par exemple, elle imagine la convalescence de sa méduse comme une scène de Heidi avec un personnage appelé Clara également, en fauteuil roulant) sans partir dans l'absurde total non plus.

Bref, Princess Jellyfish, c'est bien.

Publié dans Lectures

Commenter cet article