Ce film de Grant Heslov n'est pas encore sorti en France et Allociné ne propose pas de traduction pour le titre (bien que ce site suggère : Les hommes qui regardent les chèvres, ce qui n'est pas tout à fait
exact). Bob Wilton (Ewan Mc Gregor) est un journaliste un peu paumé qui, suite à une rupture, part couvrir la
guerre en Irak sans trop savoir où il met les pieds. Il rencontre par hasard Lyn Cassady (George Clooney), un ancien soldat qui prétend avoir fait partie d'un groupe de soldats entraînés pour
développer des pouvoirs psychiques qui permettraient de ne plus avoir à combattre. Bob, franchement sceptique mais impressionné tout de même, suit ce drôle de zigoto dans le désert, pour une
mission plus qu'ambiguë. Au fil des marmonnements de son compagnon, Bob découvre comment Lyn et son mentor Bill Django (Jeff Bridges) ont dû quitter l'armée en emportant leur encens,
leurs fleurs et leurs idées new age. Le journaliste décide d'aider Lyn à accomplir sa mission, malgré la malédiction de la chèvre... Je reste un peu perplexe quant au choix d'Ewan Mc Gregor qui est certes un excellent acteur mais
n'apporte guère au rôle de Bob contrairement à son jeu fabuleux dans Big fish. George Clooney, au contraire, est épatant, vivace et imprévisible et nous fait croire sans mal à son
personnage de doux dingue. J'ai toujours un peu de mal à voir Kevin Spacey en méchant depuis le sublime American Beauty bien que je ne puisse nier qu'il s'en tire toujours très bien.
Enfin, Jeff Bridges éclipse tout ce beau monde à chacune de ses lumineuses apparitions, et hante le reste du film à travers le personnage de Bob. J'ai été un peu surprise en lisant l'article sur le site Mediafilm, car la guerre en Irak évoquée n'est qu'un décor pour l'histoire loufoque. Le film
donne évidemment le beau rôle aux fleurs plutôt qu'aux fusils, mais principalement par empathie pour l'homme aux rêves brisés et non par idéologie. The men who stare at goats est extrêmement drôle et il faut aller le voir. Les acteurs s'en
donnent visiblement à cœur joie, c'est un vrai bonheur.
Au cas où quelqu'un se demanderait pourquoi il n'y a pas eu de nouvel article depuis longtemps (mais cela m'étonnerait, vu que je ne suis pas assez
reconnue en tant que blogueuse pour intéresser les gens qui ne font pas déjà partie de mon entourage), c'est que je n'ai pas beaucoup de temps, et pas grand-chose à raconter non plus.
Je suis à Manchester, je vais y passer presque un an à travailler comme assistante de français dans une école privée. Et comme je n'ai pas créé ce blog pour parler de ce que je fais au quotidien
(je sais, la frontière est parfois ténue) et que pour l'instant je fais beaucoup de choses enrichissantes personnellement mais inintéressantes pour autrui, je risque de ne plus poster d'articles
très souvent.
Ah, et ne nous méprenons pas : je ne présente pas d'excuses pour ne pas bloguer comme le font des tas de blogueurs, car je n'ai pas pris d'engagements à l'égard d'éventuels lecteurs, et qu'en
plus c'est faux : j'écris des choses futiles ici.
Donc, ce n'est pas une "mise à jour" comme disent ceux que ça ne dérange pas d'employer des mots inélégants, mon blog n'est pas périmé. C'est une information : je suis assez
narcissique/folle/jeune pour parler de la cantine sur un blog.
C'est grâce au blog Littéranet
(qui est très bien, au passage) que j'ai entendu parler pour la première fois du Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, malgré le buzz qu'il a apparemment suscité
lors de sa sortie en 2008 (exclusivement chez France Loisirs, les lecteurs ont dû ruser pour se le procurer). C'est l'histoire de Juliet Ashton, une écrivain qui ne sait pas quoi écrire. La seconde guerre mondiale
vient de se terminer et l'Angleterre reconstruit peu à peu ses villes bombardées. Elle reçoit un jour une lettre d'un homme habitant Guernesey qui a trouvé un livre qui lui appartenait.
Au fil de leur correspondance, elle en apprend plus sur le Cercle des amateurs de littérature et de tourtes aux épluchures de patates (le titre sonnait tout de même mieux), nom que se donnait
une bande d'amis pour couvrir leurs arrières lorsqu'ils se réunissaient pendant l'occupation allemande. Les lettres affluent, Juliet correspond avec tous les membres du cercle et n'a bientôt
plus qu'une envie : rencontrer enfin ces gens qu'elle a appris à aimer. Les critiques sont (je crois) unanimes. C'est (raisonnablement) drôle, c'est frais malgré l'évocation
récurrente de la guerre, de l'occupation et de toutes les horreurs consécutives. C'est aussi plein d'espoir, de bonne volonté et de ce qu'on aime à appeler humanité. J'ai enchaîné sur 84, Charing Cross Road de Helene Hanff, car plusieurs blogs et
sites disaient que le Cercle y faisait penser. Effectivement il y a beaucoup de ressemblances, mais je conseille aux intéressés de lire 84, Charing Cross Road avant le
Cercle, qui est plus enjoué et plus savoureux, bien que le premier soit une correspondance réelle et le second une fiction.
Trois choses qui m'ont fait sourire récemment : - Aller au cinéma en Angleterre et tout comprendre. - Me rendre compte que quelle que soit la langue, ce sont toujours les pires jurons qu'on apprend en premier. - Le petit rigolo qui a essayé de me faire croire qu'il ira voir Jennifer's body "parce que l'histoire est intéressante".