99 F.

Publié le par Scarlett

99F.jpgCe film  de  Jan Kounen avec Jean Dujardin, Jocelyn Quivrin, Vahina Giocante, Patrick Mille et Elisa Tovati est l'adaptation du livre du même nom de Frédéric Beigbeder.
Octave est un publicitaire de génie. Il décide de vos envies et de vos besoins, il vous montre ce qui est désirable, ou plutôt il crée vos envies en rendant désirables les produits les plus ordinaires. Il a du succès à revendre, des filles, de l'argent et de la cocaïne. Et puis soudain, lorsque la belle Sophie le quitte et Madone, le géant du produit laitier, refuse son projet intelligent au profit d'un spot minable, le doute survient. Il excelle à prendre les gens pour des cons, mais est-ce vraiment si utopique d'être honnête? La publicité est-elle vouée à n'être qu'un marché de dupes? Octave décide de dynamiter le système qu'il a contribué à construire et qui a fini par s'emparer de lui, et s'engage finalement dans un combat pour la vérité et dans une quête personnelle de rédemption. Pour autant le public n'est pas prêt à abandonner le rêve obligatoire que lui fournit l'industrie publicitaire.
Je suis sortie très enthousiaste du cinéma. Ce film n'est certes pas sans défauts. Je regrette que la vision négative de la vie que mène Octave laisse à penser que l'argent corrompt tout. Cette existence est méprisable, mais parce que le personnage se complaît avec lâcheté dans son abîme, et pas simplement parce qu'il est riche. La pauvreté n'apporte pas l'honnêteté.
Ensuite, l'acteur principal est très mal choisi. Jean Dujardin a une carrure et une musculature qui ne collent pas avec l'extrême sophistication du personnage que j'attribue à tort ou à raison à Beigbeder lui-même. La caméra délirante qui épouse les trips cocaïnomanes du protagoniste peut dérouter, elle n'est cependant pas un obstacle, ni pour comprendre, ni pour apprécier.
J'ai souvent craint que l'on ne tombe dans des clichés, mais Jan Kounen les évite avec maestria à la dernière minute, à coups d'habiles pirouettes. 99F. est drôle, intelligent et ne ménage personne, de la ménagère qui s'abreuve de pubs au patron de grande société qui privilégie l'efficacité à la qualité, en passant par le publicitaire conscient de ses mensonges. Et pourtant tout n'est pas perdu. Bien qu'avide d'évasion, le public ne doit pas perdre son sens critique, c'est là que réside son espoir : les publicités-poubelles sont vouées à disparaître naturellement.

Publié dans Cinéma

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